07.02.2008

Les trois tamis de Socrate

Un jour, quelqu'un vint voir Socrate et lui dit :
- Ecoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s'est conduit...
- Arrête ! interrompit l'homme sage. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?
- Trois tamis, dit l'autre étonné.
- Oui, mon bon ami, trois tamis ! Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis ! Le premier est celui de la vérité. As-tu contrôlé si ce que tu veux me dire est Vrai ?
- Non, je l'ai entendu raconter, et...
- Bien, bien. Mais assurément tu l'as fait passer à travers le deuxième tamis. C'est celui de la bonté. Est-ce que ce que tu veux me raconter, si ce n'est pas tout à fait vrai, est au moins quelque chose de Bon ?
- Non, répondit l'autre hésitant. Non, ce n'est pas quelque chose de bon. Au contraire...
- Hum ! dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis et voyons s'il est Utile de me raconter ce que tu as envie de me dire...
- Utile ? Pas précisément.
- Eh bien ! dit Socrate, en souriant, si ce que tu as à me dire n'est ni Vrai, ni Bon, ni Utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l'oublier.

Avez-vous remarqué comme ceci est vrai, bon et utile. Je vous l'offre et vous invite à le transmettre autour de vous !

04.08.2007

Petite légende hindoue

Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur retirer le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de trouver une bonne cachette pour ce pouvoir divin.

Les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, et proposèrent ceci : "Enterrons la divinité de l'homme dans la terre."
Mais Brahma répondit : "Non, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera."
Alors les dieux répliquèrent : "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans."
Mais Brahma répondit de nouveau : "Non, car tôt ou tard, l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface."
Alors les dieux mineurs conclurent : "Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer un endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour."
Alors Brahma dit : "Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à la chercher."

La légende dit que depuis ce temps-là, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré le monde et la lune, escaladé les plus hautes montagnes, plongé dans les profondeurs des océans et foré la terre, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

11.05.2007

Le porteur d'eau

Un porteur d'eau avait deux grandes jarres suspendues aux 2 extrémités d'une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules.
L'une des jarres conservait parfaitement toute son eau de source jusqu'à la maison du maître. L’autre jarre avait un éclat et perdait presque la moitié de sa précieuse cargaison en cours de route. Chaque jour, le porteur d'eau ne livrait qu'une jarre et demi d'eau à chacun de ses voyages.
La jarre parfaite était fière d'elle, puisqu'elle parvenait à remplir sans faille sa fonction du début à la fin.
La jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait déprimée parce qu'elle ne parvenait à accomplir que la moitié de ce qu’elle aurait voulu faire. Elle vivait cela comme un échec permanent. Au bout de deux années, la jarre endommagée s'adressa au porteur d'eau, au moment où celui-ci la remplissait à la source.
- Je me sens coupable, j’ai honte et je te prie de m'excuser.
- Pourquoi, demanda le porteur d'eau, de quoi as-tu honte ?
- Depuis 2 ans, à cause de cet éclat qui fait fuir l'eau, je n'ai réussi qu'à porter la moitié de ma cargaison d'eau. Par ma faute, et malgré tous tes efforts, tu ne livres à notre maître que la moitié de l'eau. Tu n'obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts, lui dit la jarre abîmée.
Touché par cette confession, et plein de compassion, le porteur d'eau répondit :
-
Pendant que nous retournons à la maison du maître, je te demande de regarder les fleurs magnifiques qu'il y a au bord du chemin.
En montant la colline, la vieille jarre pu voir sur les bords du chemin, de magnifiques fleurs baignées de soleil. Cela lui mit du baume au cœur. Mais à la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu'elle avait encore perdu la moitié de son eau.
Le porteur d'eau dit à la jarre :
-
Tu t'es rendu compte qu'il y avait de belles fleurs uniquement de ton côté, et presque aucune du côté de la jarre parfaite ? J'ai toujours su que tu perdais de l'eau, et j'en ai tiré parti. J'ai planté des semences de ton coté du chemin, et chaque jour tu les as arrosées. Grâce à toi, pendant 2 ans, j’ai pu cueillir de magnifiques fleurs pour décorer la table du maître. Sans toi, jamais je n'aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et aussi belles.

Nous sommes tous des jarres abîmées ou ébréchées, avec des éclats, des blessures, des défauts. Trop jeune ou trop vieux, trop ou pas assez intelligent, trop grand ou pas assez grand, trop gros ou trop maigre… Ce sont les éclats, les défauts en nous qui rendent nos vies intéressantes et exaltantes. Prenons les autres tels qu'ils sont, et sachons voir ce qu'il y a de bien et de bon en eux. Il y a beaucoup de positif partout. Il y a beaucoup de bon et de bien en vous ! Appréciez les gens différents qui peuplent votre vie ! Car sans eux, la vie serait bien triste. Sachez aimer vos imperfections !

 

"Il faut prendre conscience que l'apport d'autrui est d'autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande." (Albert JACQUARD)

25.02.2007

Petit Conte Africain

Cette histoire a été contée des milliers de fois, et il en existe de nombreuses variantes.
Récemment, dans un village d'Afrique occidentale, un vieil homme relatait à des plus jeunes le récit suivant.

Un pêcheur retourne chez lui dans sa pirogue. Un expert étranger ayant été affecté dans ce pays en développement l’aborde et lui demande pourquoi il rentre si tôt. Le pêcheur lui répond qu’il aurait pu rester plus longtemps, mais qu’il a attrapé suffisamment de poissons pour nourrir sa famille.
“ Et maintenant, que faites-vous de tout ce temps libre ? ” demande l’homme d’affaires.
— Eh bien, je pêche un peu. Je joue avec mes enfants. Quand il commence à faire trop chaud, nous faisons tous la sieste. Le soir, nous dînons ensemble. Puis, je joue de la musique avec mes amis, et ainsi de suite… ”

L’homme l’interrompt et lui dit : “ Écoutez, j’ai un diplôme universitaire : j’ai étudié toutes ces questions. Je veux vous aider. Vous devriez pêcher plus longtemps. Vous gagneriez plus d’argent et très vite, vous pourriez acheter quelque chose de plus grand que cette pirogue. Avec un plus grand bateau, vous gagneriez encore plus d’argent et, très vite, vous pourriez vous constituer une flotte de plusieurs chalutiers.
— Et après ? demande le pêcheur.
— Après, au lieu de vendre votre poisson à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l’usine, voire fonder votre propre conserverie. Vous quitteriez le village pour vous installer à Cotonou, Paris ou New York, et vous mèneriez vos affaires de là-bas. Vous pourriez même envisager de placer votre entreprise en Bourse : vous gagneriez ainsi des millions.
— Combien de temps tout cela prendra-t-il ?
— Peut-être 15 à 20 ans.
— Et après ?
— C’est là que la vie devient intéressante. Vous pourriez alors vous mettre à la retraite, laisser derrière vous le tohu-bohu de tout ça et vous installer dans un village reculé.
— Et après ?
— Après, vous aurez du temps pour pêcher un peu, jouer avec vos enfants, faire une sieste quand il commence à faire trop chaud, dîner en famille et jouer de la musique avec vos amis. ”