19.07.2006
LE PETROLE S'ENFLAMME !
L'annonce de la baisse des réserves de pétrole et la hausse de la consommation, conjuguées avec des années de sous-investissement dans la recherche, portaient le prix du baril vers des records que la crise géopolitique au Proche-Orient est en train d'amplifier considérablement : le baril atteignait, en séance, un sommet historique à 78$ vendredi dernier.
Mais cette situation ne fait pas le malheur de tous. En effet, pour compenser la baisse de production des gisements les plus prolifiques au Moyen-Orient, le nombre de forages se multiplie à l'échelle mondiale et exige des capacités de production en nette augmentation. Le secteur parapétrolier tire son épingle du jeu avec des commandes en fortes hausses.
Est-ce un risque ou une opportunité ? Les asiatiques considèrent que la crise est à la fois une source de danger et une occasion d'évolution. Qu'en est-il réellement ici ?
Les spécialistes s'accordent à dire que le prix du baril ne pourra qu'augmenter et que ce qui était record historique hier, sera un niveau "normal" demain, voire un prix plancher. Le mouvement est parti depuis lontemps et les conflits n'en sont qu'un accélérateur et en aucun cas un déclencheur.
Alors, que va-t-il se passer ?
Vers quel scénario catastrophe allons-nous à si grands pas ?
Un de nos brillants Présidents avait annoncé : "En France nous n'avons pas de pétrole, mais nous avons des idées !" Evidemment, il n'a pas été écouté et l'on n'a jamais vu personne essayer de faire le plein de son réservoir avec des idées... Lui le premier !
La situation à laquelle nous sommes confrontés, pour pallier la baisse des réserves et la hausse du coût de production de l'or noir, est la suivante :
- il faut des investissements colossaux pour rattraper les années de retard en recherche de nouvelles ressources énergétiques exploitables à l'échelle mondiale
- le moindre incident géopolitique, industriel, la moindre grève ou catastrophe naturelle pourra engendrer des troubles économiques et sociaux aussi conséquents qu'un tsunami, un cyclone ou un ouragan et à l'échelle mondiale
- Les industries, et les activités économiques en générales, risquent fort de se voir contraintes de limiter leur consommation énergétique, comme on limite la consommation d'eau en période de canicule, avec des incidences directes et spectaculaires sur l'emploi, sur l'éclatement des bulles spéculatives et sur l'économie en général
Les gouvernements se verront enfin contraints d'investir dans l'urgence pour optimiser l'exploitation des ressources actuelles et développer de nouvelles énergies alternatives. Le niveau d'endettement des pays va atteindre des sommets encore jamais contemplés...
Il faudra alors se retourner vers les compagnies pétrolières (contraindre) qui, aujourd'hui, engrengent des bénéfices records, pour améliorer les infrastructures de production, ouvrir de nouveaux forages, construire de nouvelles centrales.
Devant ce tableau noir que je dresse, il y a, je crois, un vent d'espoir !
Nous savons tous que la classe politique, quelque soit sa nationalité, ne réagit que lorsqu'elle est le dos au mur. Et c'est exactement ce qui va se passer. Elle va se trouver contrainte de prendre des mesures, d'investir, bref de remplir son rôle, non par anticipation comme la raison le suggère, mais par réaction tardive. Comme dit le proverbe : "mieux vaut tard que jamais !".
Le temps nous est compté et l'alternative ne serait-elle pas non seulement dans le développement d'énergies alternatives renouvelables à long terme, mais dans la relance, à court terme, de l'exploitation d'une énergie ancienne : le charbon... Les ressources en charbon sont bien plus importantes que celles de pétrole et certains pays en sont encore de grands consommateurs.
Va-t-on, en Europe, réouvrir les mines de charbon ? Qu'en pensez-vous ?
10:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : pétrole, crise, conflit, énergie, économie, politique, baril




Trackbacks
Re : LE PETROLE S'ENFLAMME !
François, Je suis moins optimiste que toi sur la propension de nos politiques à prendre à bras le corps la problématique de l'extinction prochaine des sources d'énergie non renouvelables. Les échéances électorales restent malheureusement temporelleme...
Trackback par : Du tsunami au développement durable... | 20.07.2006
Re : LE PETROLE S'ENFLAMME !
http://flmc.hautetfort.com/archive/2006/07/19/le-petrole-s-enflamme.html#trackbacks François, Je suis moins optimiste que toi sur la propension de nos politiques à prendre à bras le corps la problématique de l'extinction prochaine des sources d'énerg...
Trackback par : Du tsunami au développement durable... | 20.07.2006
Commentaires
François,
Je suis moins optimiste que toi sur la propension de nos politiques à prendre à bras le corps la problématique de l'extinction prochaine des sources d'énergie non renouvelables. Les échéances électorales restent malheureusement temporellement incompatibles avec un projet et des mesures à prendre sur le long terme, mesures non rapidement "rentables" pour un politique. Je crois beaucoup plus à une somme de prises de conscience et d'actions au niveau de chacun des "citoyens" de la Planète.
Concernant plus spécifiquement le charbon, il ne faut pas perdre de vue que cette énergie fossile est une de celles qui produit le plus d'émissions de gaz carbonique lorsqu'elles est utilisée. Le problème des émissions de gaz à effet de serre est encore plus préoccupant que l'extinction des sources d'énergies non renouvelables, puisqu'il est directement question de l'avenir de la Planète. Les solutions de séquestration de CO² sont encore très expérimentales. Voir entre autres un des articles (http://www.manicore.com/documentation/serre/sequestration.html) de l'un de nos plus grands experts en climatologie, Jean-Marc Jancovici. Ainsi, même si les réserves de charbon sont près de 10 fois supérieures au pétrole, passer au tout charbon ne ferait que retarder de quelques siècles une échéance inéluctable (siècles bien dérisoires si l'on considère que la Terre a encore 5 milliards d'année à vivre...), échéance qui se rapprochera encore plus en raison des bouleversements climatiques générés par une diffusion massive de CO². Voir aussi cet article (http://www.manicore.com/documentation/articles/ERCA.html) de Jean-Marc.
Écrit par : Herve LANGE | 22.07.2006
Hervé,
Il ne s'agit pas d'optimisme, mais de vois qu'elles osnt les solutions qu'il restera une fois le problème devenu critique. Parce que la répercussion de la rareté sur le prix en est un, mais la disponibilité de la ressource en est un autre bien plus important : imagine ta vie de tous les jours quanr tu dois faire la queue à la pompe le seul jour de la semaine où tu es autorisé à prendre de l'essence en ayant justifié les raisons de l'utilisation de ton véhicule ; quand l'entreprise qui t'emploie est obligé de fermer 2 jours ouvrés par semaine pour cause d'économie, quand le boulanger ne te vend son pain que sur présnetation d'un ticket, quand le charcutier...
Non ce ne sont pas des propos optimistes mais il faudra bien trouver une solution. Hors les recherches sur les énergies renouvelables ont environ 25 ans de retard ! Là, oui, je suis optimiste.
Heureusement, il y a peut-être la Chine, le Brésil et l'Inde... Qui sait s'il ne sauront pas nous sortir du pétrin ???
Écrit par : François Larderet | 22.07.2006
Les commentaires sont fermés.